La formation des Etats Bourguignons

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La formation des Etats Bourguignons

Message  Simon le Jeu 20 Sep - 18:12

En 1363 Philippe de France dit le Hardi depuis la bataille de Poitiers (1356), fils cadet du roi de France Jean II le Bon, reçoit en apanage le duché de Bourgogne qui était retourné au roi depuis la mort de Philippe de Rouvres en 1361. Le nouveau Duc épouse alors la veuve de son prédécesseur, Marguerite de Flandre, héritière du très riche comté de Flandre.
À partir de ce mariage, la dynastie des Valois-Bourgogne (et ses successeurs des Habsbourg), va étendre ses possessions territoriales en France et dans le Saint-Empire Romain Germanique. L’expansion est au départ opportuniste grâce à d’habiles mariages et des achats de titres. Ensuite, elle se fera dans un contexte impérialiste, une volonté d’indépendance vis-à-vis de la France et du Saint-Empire Romain Germanique. Sous Marie de Bourgogne et son fils Philippe le Beau, les territoires bourguignons vont se réduire avec la perte des territoires franco-bourguignons. Le fils de Philippe le Beau, Charles Quint va grâce à son triple héritage, espagnol par sa mère, bourguignon par son père et autrichien par son grand-père paternel, conférer à sa dynastie son apogée grâce aussi aux conquêtes aventureuses d’Amérique, aux comptoirs d’Asie, aux croisades en Afrique et enfin aux guerres d’Italie avec la France. Un empire intercontinental immense, puissant, mais ingérable, car non unifié.
Malgré tout il faut noter qu’il n’y a pas de politique d’expansion prédéfinie, il s’agit le plus souvent d’opportunité. Au départ aussi il n’y avait aucune volonté d’indépendance de la part des premiers Ducs et donc aucune volonté impérialiste . Philippe le Hardi et son fils Jean sans Peur seront chacun nommés Régent de France, l’expansion territoriale ne servira qu’à accroître les richesses et donc l’influence des premiers Ducs de Bourgogne. Ce n’est qu’à partir de Philippe le Bon qu’une volonté d’indépendance naîtra, la création de l’ordre de la Toison d’Or en est le plus bel exemple et l’obtention d’un titre royal aurait été la conclusion parfaite.

La formation des États bourguignons commence donc avec Philippe le Hardi qui reçoit en apanage le duché de Bourgogne en 1363. Par son mariage avec Marguerite de Flandre, il hérite de son beau-père du comté de Flandre et la seigneurie de Malines, le comté de Nevers et la baronnie de Donzy, le comté de Rethel, le comté de Bourgogne (la Franche-Comté actuelle), la seigneurie de Salins et le comté d'Artois, ainsi que quelques terres situées entre la frontière nord du duché de Bourgogne et Troyes (Jaucourt, L'Isle-Aumont, Chaource et Villemaur). Il achète en 1390 le comté de Charolais au sud de la Bourgogne.
Son fils Jean sans Peur est tout d’abord Comte de Nevers avant d’hériter des possessions de son père en 1404. Le comté de Nevers passe à son frère Philippe puis à ses descendants et son autre frère Antoine, hérite du Brabant. Jean sans Peur n’apporte aucun rattachement majeur, mais place son chambellan Georges Ier de La Trémoille à la tête du comté de Boulogne. Il sera tout au long de son règne en conflit avec le Duc d’Orléans pour la régence de la France pendant la folie de Charles VI .
Philippe le Bon son fils va réunir le plus grand nombre de principautés en profitant de diverses opportunités comme la mort de ses cousins brabançons (fils et successeurs d’Antoine de Bourgogne mort à Azincourt en 1415) qui lui permet de devenir duc de Brabant, de Lothier et de Limbourg, puis il profite de la stérilité de sa cousine germaine Jacqueline de Bavière. Emprisonnée, elle doit le nommer sous la contrainte régent puis héritier de ses comtés de Hollande, de Zélande et de Hainaut. Il étend aussi ses possessions en achetant le comté de Namur en viager, ce qui montre sa puissance financière, et se fait l'héritier d'Élisabeth de Goerlitz, duchesse de Luxembourg et femme d’Antoine duc de Brabant l’oncle de Philippe le Bon. Pour achever d'augmenter son influence, il fait élire un de ses frères naturels et un de ses propres enfants illégitimes aux évêchés de Cambrai et d'Utrecht et établit un protectorat sur la Principauté de Liège. Les États bourguignons sont alors à leur apogée, d'autant que Philippe le Bon obtient pour une réconciliation avec le roi de France les villes de la Somme, les comtés de Ponthieu, du Vermandois et de Boulogne, plusieurs seigneuries en Champagne et surtout une dispense d'hommage au roi de France lors du traité d’Arras (1435).
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Re: La formation des Etats Bourguignons

Message  Simon le Jeu 20 Sep - 18:12

Il tente, lors d’une entrevue avec l’Empereur du Saint-Empire en 1447 à Besançon, d’obtenir le titre de Roi de Lotharingie pour définitivement se détacher de la suzeraineté française, mais en vain, Frédéric III, intimidé par ce vassal trop imposant se dérobe une première fois. Philippe est contraint de revendre les villes de la Somme et Tournai comme le prévoyait le traité d’Arras à Louis XI. Il les récupèrera rapidement grâce à sont fils Charles avec en plus le Comté de St Pol et le comté Ponthieu au traité de Conflans .
Le fils de Philippe le Bon, Charles le Téméraire va poursuivre l’unification bourguignonne, mais se heurtera à la stratégie et aux intrigues de son rival Louis XI de France. Charles hérite des territoires de son père. En mai 1469, au traité de Saint-Omer, le duc d'Autriche Sigismond de Habsbourg lui cède avec possibilité de rachat, pour 50 000 florins, ses domaines de Haute-Alsace et le pays de Brisgau, du comté de Bade en Allemagne. Charles contraint ensuite le duc de Gueldre à lui vendre son duché (1473).
Il conquiert ensuite par les armes les Duchés de Bar et de Lorraine (1475). Il a tenté comme son père d’élever ses territoires en royaume (Lotharingie puis Royaume de Bourgogne), mais proche d’un accord, il voit ses espoirs s’envoler avec la fuite de l’Empereur du Saint-Empire Frédéric III alors que tous les préparatifs du couronnement étaient prêts . Louis XI unifie les ennemis de la Bourgogne et une guerre éclate. Les Bourguignons sont battus à Grandson et à Morat. Charles trouve la mort l’année suivante (1477) lors du siège de Nancy.
Charles étant mort sans héritier mâle, le roi Louis XI de France, débarrassé de ce puissant rival, s'empare de la Picardie, du comté de Boulogne et surtout du duché de Bourgogne, une annexion consentie quelque temps plus tard par un nouveau traité d'Arras en 1482.
Entre-temps, Marguerite d'York, veuve de Charles le Téméraire et protectrice de la duchesse héritière Marie de Bourgogne, pousse celle-ci à épouser le futur empereur germanique Maximilien Ier de Habsbourg (1459-1519). Célébré à Gand le 19 août 1477, le mariage fait définitivement perdre à la France les Pays-Bas bourguignons sur laquelle la couronne de France n'a aucun droit .
En 1493, Charles VIII de France, successeur de Louis XI, ayant décidé de répudier la fille de Maximilien Ier de Habsbourg pour épouser Anne de Bretagne (que Maximilien avait aussi prévu d'épouser), l'empereur récupéra au traité de Senlis : l'Artois, la Franche-Comté et le Charolais.
Marie de Bourgogne meurt à 25 ans, laissant un fils mineur qui hérite de ses possessions, Philippe le Beau. Celui-ci, héritier de la Bourgogne et de l’Autriche va épouser l’unique héritière des Rois Catholiques, Jeanne de Castille et devient Roi de Castille à la mort d’Isabelle la Catholique (1506) pendant deux mois avant de mourir brutalement à Burgos.
Il laisse derrière lui un fils, le futur Charles Quint, héritier par sa mère des royaumes d’Espagne, de Sicile et de Naples, de la Nouvelle Espagne (Cuba) ; par son père, il héritera des Pays-Bas bourguignons et par son grand-père Maximilien, des territoires héréditaires des Habsbourg.
Charles est le dernier empereur germanique à nourrir le rêve d'un Empire prenant la tête de la Chrétienté. Cette ambition d'unité chrétienne face à la poussée du monde musulman dans les Balkans et en Méditerranée est brisée par l'opposition farouche des rois François Ier et Henri II de France, ainsi que par la rupture religieuse provoquée par Martin Luther et les Réformes protestantes à partir de 1517; néanmoins il parviendra à mener une croisade en Afrique du Nord qui se soldera par la prise de Tunis, Bougie et Bône et une défaite à Alger.
Ces conflits extérieurs occupent ses finances et son énergie pendant tout son règne, tandis que des révoltes intérieures en Castille, en Allemagne et dans les Flandres, affaiblissent par moment les bases de son pouvoir. Sous son règne, le Mexique (Empire aztèque) et le Pérou (Empire inca) sont conquis par des aventuriers espagnols.

Son empire disparate l’oblige à se déplacer régulièrement et à mener de nombreuses guerres. Il réussit néanmoins à marier son fils Philippe à Marie Tudor et le couple sera couronné Reine et prince consort d’Angleterre, laissant ainsi la possibilité de réunir l’Angleterre et l’Espagne sous une seule couronne.
Au terme d'une vie de combats et de nombreux voyages, malade et désabusé par ses échecs face à la France, aux protestants et à sa propre famille (son frère se montrant de plus en plus indépendant et son fils très en dessous de ses attentes), il finit par abdiquer et se partage ses possessions en deux ans. Le 25 octobre 1555, dans son palais de Coudenberg, il abdique et cède les Flandres, désormais unies et déliées du Saint-Empire et de la France , à son fils Philippe, déjà duc de Milan et roi de Naples. Il lui cèdera également les Royaumes d’Espagne l'année suivante et ainsi que la Franche-Comté. Par une série d’arrangements avec son frère Ferdinand, il avait cédé dès les années 1550 les duchés autrichiens à ce dernier ainsi que les possessions en Hongrie et en Bohème. Fort de ces possessions germaniques, c'est lui qui héritera de la couronne impériale à l’abdication de son frère Charles Quint.
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